Le phénomène HYROX décrypté dans le podcast EXTRA TIME avec Maxime Villalongue, le boss du marché français

Dans le nouvel épisode d’Extra Time, le podcast de l’ISG Sport Business Management, nous recevons Maxime Villalongue, Country Manager & Event Producer d’HYROX France.

Un échange qui dépasse largement le phénomène HYROX : son parcours raconte aussi la manière dont une passion sportive peut devenir un projet professionnel. Et aujourd’hui un véritable business. De ses années de rugby à un grave accident en 2017, de sa reconversion comme coach sportif à sa rencontre décisive avec le fondateur d’HYROX, Maxime Villalongue revient sur les étapes qui l’ont conduit à participer au développement du marché français d’une discipline devenue en quelques années un phénomène mondial !

« Je suis à un poste stratégique de l’entreprise sportive la plus cool du monde ! Qui ne veut pas bosser pour HYROX ? Tout le monde veut bosser pour HYROX »

Du rugby à une « seconde chance » : le sport comme fil conducteur

Le parcours de Maxime Villalongue commence sur les terrains de rugby. Dès l’âge de neuf ans, il découvre dans ce sport ce qui restera un fil rouge de sa vie : le collectif, le dépassement de soi et le plaisir d’être en mouvement. Il évolue ensuite au Stade Français puis au Racing 92, avec l’ambition de se rapprocher du rugby professionnel.

Mais son parcours sportif est brutalement interrompu en 2017. Lors d’un match, un coup de genou à l’arrière de la tête provoque une hémorragie interne et une importante pression intracrânienne. Après un passage dans le coma et plusieurs mois de rééducation, Maxime doit réapprendre des gestes du quotidien : marcher, parler, tenir un verre ou simplement se servir de son corps.

Cette période va profondément modifier son rapport au sport. Là où la pratique sportive était auparavant une passion, elle devient un élément essentiel de sa reconstruction.

« Je le vois comme la plus grande chance de ma vie. J’ai eu la chance d’avoir une seconde chance. »

Maxime Villalongue, Head of HYROX France

Le sport devient alors un outil de réappropriation du corps. Six mois après son accident, son médecin estime que sa récupération correspond à celle d’une personne ayant normalement eu deux années d’évolution.

Cette expérience l’amène progressivement vers le métier de coach sportif. Pendant la période du Covid, il organise ses premiers bootcamps dans les parcs parisiens. Le bouche-à-oreille fonctionne, les élèves affluent et Maxime transforme progressivement son activité en véritable entreprise.

Cette première expérience entrepreneuriale lui apprend déjà quelque chose qui deviendra déterminant pour la suite : une communauté peut se construire autour d’une expérience sportive.

La découverte d’HYROX : quand une compétition répond à un nouveau besoin sportif

C’est en 2021 que Maxime découvre HYROX. Un collègue coach lui parle de cette nouvelle compétition mêlant course à pied et exercices fonctionnels. Il se rend à Maastricht pour participer à son premier événement.

Le concept lui apparaît immédiatement comme une évidence.

Le format HYROX repose sur une structure standardisée : 1 kilomètre de course, suivi d’une station d’entraînement fonctionnel, le tout répété huit fois. Chaque événement reprend les mêmes standards, ce qui permet aux participants de comparer leurs performances d’une ville à l’autre et de suivre leur progression dans le temps.

Pour Maxime, le déclic est particulièrement fort. Après son accident, il avait retrouvé une pratique sportive régulière mais avait perdu la dimension compétitive qui existait dans le rugby.

HYROX lui apporte précisément cette combinaison : l’entraînement toute la semaine et un objectif compétitif le week-end.

« Je découvre le sport qui me ravit parce qu’enfin je redécouvre un challenge que je peux faire tout le temps. »

Il commence alors à entraîner ses propres élèves pour HYROX. Puis vient l’idée de transformer la compétition en expérience collective. Fin 2022, il emmène un groupe d’une trentaine de personnes à Barcelone pour découvrir la discipline.

La rencontre inattendue qui va changer la suite de son parcours !

Le week-end rencontre un véritable succès auprès des participants. Et le lendemain, dans l’aéroport, Maxime croise par hasard Christian Toetzke, cofondateur d’HYROX.

Quelques mois plus tard, alors qu’HYROX cherche à développer le marché français, Christian Toetzke lui propose de prendre les rênes du projet. Maxime accepte et rejoint l’aventure en 2023. Il découvre alors une nouvelle dimension de son métier : non plus seulement pratiquer ou faire pratiquer un sport, mais construire tout un écosystème sportif et événementiel à partir d’une feuille blanche.

Le premier événement français est organisé en octobre 2023 à Paris, Porte de Versailles.

Depuis, la croissance a été spectaculaire : Maxime évoque dans l’épisode une saison 2025-2026 ayant rassemblé 121 000 athlètes et 141 000 spectateurs sur six événements, contre 44 000 athlètes et environ 40 000 spectateurs la saison précédente.

La trajectoire est également visible dans le développement des salles affiliées : HYROX France est passé d’une douzaine de salles au lancement à 1 300 salles affiliées aujourd’hui, selon les chiffres communiqués par Maxime dans l’épisode.

HYROX : d’une course de fitness à un véritable écosystème sport business

Le Business model d’HYROX

Au-delà de la performance sportive, c’est probablement la partie la plus intéressante de l’épisode pour comprendre le business model d’HYROX.

Le point central de la stratégie française est simple : l’événement constitue le cœur de l’écosystème.

Les compétitions attirent les athlètes. Les athlètes doivent s’entraîner. Les salles de sport ont donc intérêt à proposer des programmes HYROX. Les salles affiliées deviennent à leur tour un canal d’acquisition et de préparation des participants, qui reviennent ensuite sur les événements.

Maxime décrit ainsi un véritable cercle vertueux entre événementiel, pratique sportive, salles affiliées, billetterie et sponsoring.

« L’événement, c’est la vitrine. C’est ce qui va driver tout le monde autour. » – Maxime Villalongue.

Le modèle économique français repose aujourd’hui principalement sur le ticketing et les affiliations, auxquels s’ajoutent les partenariats. Maxime indique un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros pour HYROX France, avec environ 60 à 65 % provenant de la billetterie, 30 % des affiliations et le solde des partenaires.

L’affiliation constitue donc un véritable relais de croissance. Selon les retours communiqués par Maxime, les salles affiliées enregistreraient en moyenne plus de 30 % de chiffre d’affaires supplémentaire. L’affiliation donne notamment accès à des contenus d’entraînement, des outils de formation et une plateforme permettant aux salles de structurer leur offre HYROX.

HYROX vers le sport-spectacle

Le modèle évolue également vers celui d’un sport-spectacle.

C’est l’un des points forts de la stratégie racontée dans l’épisode : HYROX ne veut pas seulement être une compétition à laquelle on participe. La marque cherche à construire une expérience capable d’attirer également des spectateurs.

Les chiffres de la saison 2025-2026 illustrent cette évolution : 121 000 athlètes pour 141 000 spectateurs en France. Maxime parle ainsi d’une ambition de passer du simple événement sportif à un véritable « festival ». Sur la dernière saison, il y a donc eu plus de spectateurs que de participants aux courses !

Le choix des lieux participe pleinement à cette stratégie. Après Porte de Versailles, HYROX s’est installé au Grand Palais, lieu emblématique de Paris. L’édition 2026 y a réuni plus de 18 000 athlètes selon le Grand Palais.

Le sponsoring constitue un autre levier important. Pour les événements français, Maxime évoque notamment des opérations de naming pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros selon les compétitions.

Cette logique transforme progressivement HYROX en une véritable plateforme de sport business :

  • une marque sportive,
  • des compétitions,
  • des athlètes,
  • des salles affiliées,
  • des partenaires,
  • des contenus,
  • une communauté et une expérience spectateur.

Et c’est peut-être là que réside la principale leçon de cet épisode d’Extra Time. HYROX n’a pas seulement créé une nouvelle discipline sportive. La marque a construit un format standardisé, reproductible et international, suffisamment exigeant pour attirer les athlètes les plus performants mais suffisamment accessible pour permettre au grand public de participer. Avec un sport qui vise désormais une intégration aux Jeux Olympiques. Un sport plutôt télégénique que nous pourrions comparer d’une certaine manière à du biathlon mais version course et fitness.

Pour Maxime Villalongue, cette aventure est aussi la conséquence d’un parcours fait de ruptures, de rencontres et d’opportunités saisies au bon moment.

« La passion peut être le point de départ d’une carrière, mais c’est la capacité à apprendre, à entreprendre et à saisir les opportunités qui permet de construire une véritable aventure professionnelle. »

Une philosophie qui résume finalement assez bien son parcours : du rugby à la rééducation, du coaching à l’entrepreneuriat, puis de la passion pour HYROX à la construction de son marché français.

Notons que dans ce podcast, nous revenons également, quelques jours avant l’annonce officielle, sur le rapprochement capitalistique entre HYROX et le fonds d’investissement L Catterton (LVMH).

Les conseils de Maxime, son meilleur souvenir et sa définition d’HYROX en un seul mot !

En fin d’épisode, Julie Martel, chargée de communication de l’ISG Sport Business Management, a pu prendre le micro pour un échange avec Maxime. Ce dernier a notamment pu partager de nombreux conseils aux futurs professionnels ainsi qu’à celles et ceux qui souhaitent faire un HYROX pour la première fois.

Ses meilleurs souvenirs ?

  • 32 personnes amenées à Barcelone pour leur faire découvrir HYROX puis sa rencontre inattendue avec le co-fondateur HYROX. Un tournant !
  • Le Grand Palais : « Le dernier mec à avoir organisé un évènement sportif au Grand Palais, il s’appelait Tony Estanguet et c’était pour les Jeux Olympiques de Paris 2024. Le prochain mec, ce sera moi… Je me suis dit que c’était très très stylé !« 

Sa définition dHYROX en un seul mot

  • « Révolution ! »

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