A l’occasion du 8e épisode du podcast EXTRA TIME, produit par l’ISG Sport Business Management, nous avons le plaisir de recevoir Nicolas Maurer, co-fondateur et CEO de Team Vitality. Team Vitality c’est le club esport majeur en France !
Dans cet épisode, Nicolas Maurer évoque son parcours d’entrepreneur et son pari fou de se lancer dans l’aventure eSport. Aujourd’hui, il est à la tête du plus grand club français. Accompagné de son associé, Fabien Devide, il a fait de Team Vitality l’une des organisations les plus influentes au monde.
Corentin Baranger, étudiant en 3ème année (Bachelor Sport Business), a pu participer au podcast avec Alexandre Bailleul, host du podcast. Notre étudiant a pu questionner l’invité pendant toute la discussion sur des thématiques larges afin de faire découvrir le domaine de l’eSport aux auditeurs et ses spécificités.
Le parcours de Nicolas Maurer avant de découvrir l’esport
Parisien, Nicolas est passionné de sports comme beaucoup d’enfants : foot, athlétisme, basket, tennis, … Sports collectifs ou individuels. Il s’est essayé à de nombreuses disciplines. Aujourd’hui, il est addict au padel. « Je joue 3 à 4 fois par semaine ! »
Des souvenirs de la Coupe du Monde de football 1994 aux USA et de la finale de la Coupe Davis 1996 remportée par la France le suivent encore …et également les jeux vidéo. Étant plutôt Team Sega, la Game Gear et la Mégadrive ont fait partis de son arsenal.
Comme il l’explique dans le podcast, Nicolas Maurer aime le côté compétitif. Désormais, l’eSport a remplacé sa consommation du sport.
« Quand j’ai découvert l’eSport, j’ai retrouvé tous les codes du sport et notamment la compétition. Les joueurs qui sautent de joie après une victoire et s’être préparés pendant un an pour atteindre cet objectif, ceux qui pleurent parce qu’ils ont perdu en finale… Dans l’eSport, il y a exactement les mêmes émotions, la même puissance, la même ferveur ! »

La rencontre avec son futur associé Fabien Devide
Après des études dans le cinéma, son autre passion, il commence sa carrière professionnelle en tant que monteur vidéo. C’est la rencontre avec Fabien Devide, son assistant monteur de l’époque, qui pose ses premiers pas dans l’eSport. « On le prenait pour un fêtard avec ses petits yeux du lundi matin. En réalité, le week-end, il était manager d’une team e-sport ! »
Fabien, appelé « Néo », est aujourd’hui son associé et son « partner in crime » sur Team Vitality.
Team Vitality, de la génèse à une marque globale
« On se lance à l’été 2013. Notre métier à l’époque ? C’est gérer un club de eSport avec deux néo-entrepreneurs, des joueurs hyper forts mais qui, eux non plus, n’ont jamais été dans un fonctionnement vraiment professionnel, c’était nouveau pour eux également. »
« On a dû entreprendre et créer dans un domaine dans lequel il n’y avait pas de législation. Les entreprises avancent plus vite que le législateur. L’eSport ne rentre pas dans une case évidente… »
Au fur et à mesure des années, l’équipe se structure, lève des fonds et accélère sa croissance. A la manière d’un club de sport professionnel, le business d’un club eSport repose sur un fonctionnement similaire avec des dépenses quasi intégrales pour la masse salariale (joueurs pros et staff) et des recettes liées aux compétitions, sponsoring, merchandising, merchandising digital et revenus médias / streaming (à la marge). La principale source de revenu est le sponsoring / partenariat, entre 35% et 50% selon les années.
« En performant, on a une marque qui rayonne. […] Pour un club eSport, on a peu de droits médias car il n’y pas de concurrence entre les diffuseurs. Nous n’avons pas de stade et donc pas de revenus matchday mais on a les partenaires, très important, et les revenus dans les jeux avec un écosystème de merchandising digital. On peut acheter la skin Vitality sur Rocket League, on peut acheter des stickers Vitality sur Counter-Strike…Le modèle de la micro transaction génère beaucoup d’argent pour l’écosystème »
Récemment, Team Vitality a signé un nouveau contrat de partenariat avec E.Leclerc qui devient partenaire principal de l’organisation. Pour l’occasion, une vidéo d’annonce a été tournée avec Fabien Devide dans un magasin de l’enseigne de grande distribution. « Neo a beaucoup de cordes à son arc, c’est un grand acteur. En s’associant à un acteur aussi puissant, on va être partout en France. Moi j’ai envie que Vitality soit partout. » détaille Nicolas Maurer.
Avec son associé Fabien Devide, Nicolas Maurer a réussi à construire un club attractif qui brille par des résultats de premiers plans. Team Vitality n’est pas seulement une équipe, c’est une construction, une identité, un récit qui se façonne au fil des succès comme des erreurs. Car derrière la réussite, il y a les doutes, les faux départs, les décisions imparfaites et l’apprentissage constant.
« On a fait énormément d’erreurs. Il y a eu des moments charnières… On aurait pu planter la boite plusieurs fois… Dans les premières années, nous avons pris plusieurs décisions qui étaient de nature à nous tuer. On s’est positionné sur League Of Legends, on a signé des joueurs très chers… un ratage industriel. On a parfois embauché les mauvaises personnes, on s’est fâché avec des gens… on a perdu du temps, mais on apprend ! »
Dans un écosystème encore jeune, parfois instable, Nicolas Maurer évoque dans cet épisode les équilibres à trouver : entre performance et image, entre individus et collectif, entre inspiration sportive et réalité économique.
Un épisode dans lequel nous abordons également les étapes pour construire une marque globale, le rendez-vous raté entre l’esport et la télévision, les audiences de Team Vitality, la couverture médiatique du secteur de l’eSport ou encore la possibilité d’un changement de logo dans les mois à venir et les perspectives de développement et de diversifications comme avec l’agence de marketing RushBee.



Sa définition de Team Vitality en un seul mot !
En fin d’épisode, Nicolas Maurer a également répondu à notre question rituelle posée à chaque invité. Comment définir Team Vitality en un seul mot ?
« Pionnier ! »
« Nous ne sommes pas les premiers dans l’eSport mais nous sommes un des acteurs qui a fait le plus avancer les choses. Pour notre ambition mais également avec un esprit collectif et l’envie de faire grandir un secteur, on veut créer quelque chose qui sera là bien après nous ».

